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La Mystique
"La Mystique" C'est un mot qui revient souvent dans les propos du père Thévenon. Bien éloigné du sens moderne qu'on lui donne habituellement.
 
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Le père Marcellin Fillère
Le père Marcellin Fillère Fondateur d'un mouvement de jeunes et d'un journal, le père Thévenon a été son disciple et tient de lui sa vocation sacerdotale
 

 

 
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Les animaux
 
Les araignées
Les araignées, au fil des ans tissèrent sous le toit de sa chambre un épais velum qui le mit à l'abri de la poussière s'infiltrant entre les tuiles, du moins est-ce ainsi qu'il l'entendait. Son amour de la création lui interdisait de créer quelque dérangement au moindre insecte et ce n'est que sous la pression de certains visiteurs qu'il demandait parfois à l'un d'eux de débarrasser de ses toiles d'araignées la salle de séjour où il les recevait. Pourtant, aucune affectation dans cette attitude respectueuse, cela était simple et amusé à la fois. Il aimait la création et y voyait autant la main de Dieu que le clin d'œil de ce dernier.
Lors d'un repas, il fit remarquer à son hôte le jeu d'une petite araignée qui construisait sa toile avec une science étonnante. A deux reprises elle la démonta et la remonta sur un plan différent avec le même soin. Il expliqua que la production du fil était une fonction physiologique épuisante et qu'elle épargnait ce fil aussi longtemps que possible. En effet, l'araignée enroulait le fil en boule sous son thorax à chaque démontage. Il n'était pas question de déranger les objets domestiques dont elle se servait comme point d'appui pendant tout ce manège. 

Les souris
Il toléra ainsi à Rosny sous Bois une famille de souris qui avait élu domicile dans un de ces poêles à feu continu en fonte émaillée en usage dans les années d'après guerre avant la vulgarisation du chauffage central. C'était un engin étroit, de section carrée assez haut et muni de petites lucarnes dont le mica avait disparu depuis longtemps. Tant que les souris s'y trouvèrent bien, il n'y fit pas de feu. On les voyait tendre le museau par les lucarnes, sortir par l'ouverture supérieure restée soigneusement ouverte et venir s'enquérir sans la moindre crainte de la présence de morceaux de pain que le Père déposait à leur intention. C'est leur HLM disait-il et, en effet, cet édifice habité évoquait bien un immeuble populaire.
Lors des grands froids de janvier 1985, des rats entreprirent de dévorer le dos d'un certain nombre de livres. "Ils mangent la colle des livres, il faut les comprendre, ils crèvent de faim !" dira-t-il. Il se contenta de placer alors les livres dans des malles métalliques et de nourrir les rongeurs hors de la maison. 

Les oiseaux
Il observait le passage des oies sauvages au printemps et en automne avec émotion "J'ai vu aujourd'hui trois passages d'oies sauvages qui remontaient vers le nord-est, vers la baltique et les toundras septentrionales. Chaque vol en V représente environ 120 bêtes. Je trouve ces migrations assez extraordinaires et émouvantes. Ce vieux crétin de MONOD dirait que c'est 'le hasard et la nécessité'" (mars 1988).
Il s'émerveillait de tout. Il remarquait le caractère des deux notes du chant du coucou. "Au petit matin du dimanche 29 mars, j'ai entendu le coucou. Retour précoce… Habituellement, il se pointe vers le 8/10 avril. Curieux animal qui chante sur deux notes invariablement situées à la tierce l'une par rapport à l'autre. Ce qui est sûrement dû au ‘hasard et à la nécessité !'" (1998). 

Et d'autres...
Il fut, une certaine année, envahi par des puces qui lui dévoraient les bras et le cou sans sembler en souffrir le moins du monde. Notant le coup d'œil effaré d'un ami de passage, il entrepris de lui parler longuement de Saint BENOIT LABRE qui acceptait sa vermine comme le Christ acceptait les pécheurs, par amour du Seigneur crucifié et remettait ces parasites sur ses plaies lorsqu'elles s'en éloignaient.
 
Il eut deux chiens. Le premier se nommait Toby et le second Le Bénin. Toby le suivit de la région parisienne à son ermitage de la Sarthe. Le premier avait un fort caractère qui amusait beaucoup le Père surtout lorsque un grincheux en faisait les frais. Le second était une pauvre bête qu'il adopta pour l'extraire de sa misère. Son attachement à son maître était émouvant. La disparition de ces deux compagnons de solitude fut pour lui une épreuve certaine.
Il eut peu à peu la visite d'une bande de chats plus ou moins sauvages qu'il nourrissait. Il veillait, lors de ses voyages, à ce qu'un paysan du voisinage se soucie de leur subsistance. Chacun d'eux avait un nom: Le Gris, le Tout Petit, Misère, etc… il pouvait parler du caractère et des habitudes de chacun. 
Au printemps les abords de la maison se remplissaient d'oiseaux. Merles, pinsons, mésanges, rossignols qui voletaient en tous sens et égaillaient le lieu de leur symphonie. Le père s'en réjouissait et prenait plaisir à enregistrer ses conférences dans la cour pour profiter de ce fond sonore.
Il aimait les vaches pour leur caractère paisible. "Cela nous soigne de la nervosité de tous ces faux intellectuels, disait-il, je me demande comment on pourrait les supporter sans nos vaches".