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La Mystique
"La Mystique" C'est un mot qui revient souvent dans les propos du père Thévenon. Bien éloigné du sens moderne qu'on lui donne habituellement.
 
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Le père Marcellin Fillère
Le père Marcellin Fillère Fondateur d'un mouvement de jeunes et d'un journal, le père Thévenon a été son disciple et tient de lui sa vocation sacerdotale
 

 

 
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Le Père Jean Thévenon

Le 10 mai 2002, s"éteignait à Saint Vincent du Lorouër, petite bourgade de la Sarthe dans l"ouest de la France, un homme exceptionnel, survivant d"une époque disparue où le poids des médias, des conventions idéologiques et sociales ne dissolvait pas encore les caractères dans une sorte d"identité banale dont il devient choquant voire interdit de se distinguer
 
"L"amour passionné du Christ et de son Eglise". Le Père Thévenon aimait parler ainsi de ce qui devait, selon lui, brûler dans le cœur de chaque chrétien au point de passer avant toute autre préoccupation. Et l"on peut dire aujourd"hui que ce qui l"a lui-même animé pendant de si nombreuses années c"est cet amour exclusif et passionné du Christ et de son Eglise.
 
Un caractère hors du commun
Ordonné prêtre il y a un demi siècle, il tenait son sacerdoce comme un bien précieux et grave dont il était le dépositaire malgré ses faiblesses humaines. Il ne transigeait jamais sur cette mission sacrée qui devait passer aux yeux de chacun avant sa propre personnalité. Je suis "prêtre de Jésus-Christ" disait-il.
De là pouvaient naître parfois certaines confusions dans l"esprit de ceux qui s"attardaient à son caractère. Et il n"était pas toujours possible à ses interlocuteurs de percevoir qu"au-delà de ce caractère personnel, il y avait surtout une extraordinaire force de caractère entièrement au service de son Dieu. Il haïssait ces abandons qui, sous couvert de diplomatie, de tolérance, poussaient des chrétiens à tourner le dos aux plus précieux trésors de leur Foi. Paradoxalement, il était indulgent "parce que nous avons tous besoin de l"indulgence du Seigneur" disait-il. Mais si son indulgence allait au pécheur repenti aussi bien qu"à celui qui, dans ses errances, souffrait de ne pas comprendre et de ne pas trouver, son intransigeance sur le respect de l"enseignement de l"Église était terrible. 


le confort rend les gens toujours plus exigeants
mais jamais heureux


L'ermite
On comprendra peut-être mieux ainsi qu"un jour il eut le désir de se retirer pour un temps afin de réfléchir et faire le point sur une situation qu"il considérait comme exceptionnelle dans sa violence et son sectarisme : " On croyait qu"après le Concile, le soleil aurait brillé sur l"histoire de l"Église. Mais au lieu du soleil, nous avons eu les nuages, la tempête, les ténèbres…" (Paul VI, Homélie à Saint Pierre de Rome, 29/06/1972). Un groupe de prière qu"il avait créé avait acquis une ancienne ferme à Saint-Vincent, "la Goualonnière", pour s"y retrouver de temps à autre loin du tumulte de la capitale. C"est là qu"il s"installa sans savoir encore que ce serait définitivement.
 
Il ne chercha pas à vivre en ermite dans l"imitation de tel ou tel père du désert. Aussi surprenant que cela puisse paraître aujourd"hui, il n"y avait chez lui aucun souci de mortification ou de recherche d"épreuves. Sa conviction était que notre monde moderne occidental étouffait de confort et que l"on pouvait très bien vivre heureux sans tout cela et, à l"inverse, que le confort rendait les gens toujours plus exigeants mais jamais heureux.
Son ingéniosité et son adresse manuelle firent le reste. Il sut aménager son univers d"une manière organisée et pratique de sorte qu"il y faisait assez bon vivre comme peuvent en témoigner ceux qui ont connu cette époque. On y mangeait bien, on y dormait bien et il y faisait chaud en hiver. On y travaillait surtout. Et Dieu premier servi ! Il fallait sans cesse préparer la liturgie et les chants
 
La Divine Liturgie
Le père Thévenon avait un attachement tout particulier à la liturgie. Il la définissait comme le "jeu des enfants de Dieu en marche vers leur père des cieux". La liturgie c"était le peuple de Dieu qui entrait en présence de son Roi. C"était la forme normale de la vie chrétienne, source de toutes les autres formes.
Pas de fioritures inventées et pas de bavardage inutile. Il n"y avait aucune explication à donner, la liturgie se suffisait à elle-même dans le dépouillement et la majesté où nous la livre l"Eglise. Mais, en revanche, il fallait la pratiquer parfaitement, sans hésitation ni à-peu-près.
 
Le chant tenait une importante place dans les préoccupations du Père. Musicien lui-même il composait des mélodies assez simples pour être apprises et chantées par tous. Elles devaient surtout évoquer la profondeur, l"élévation et la dignité des textes sacrés.
 
On commença à venir le voir d"un peu partout, lui-même fit la connaissance des gens du pays. Il rencontra ses confrères locaux auxquels il rendait parfois quelques services dans leur ministère. Certains, devinrent ses amis fidèles.
C"est sans doute alors que l"Abbé Thévenon se sentit bien dans la Sarthe. Il y prit racine en quelque sorte.
Il fut au fil des années le guide spirituel d"un nombre important de chrétiens. Beaucoup de jeunes lui doivent une vocation ou l"opportun conseil qui fait que sa vie prend un chemin libérateur et échappe au désastre où on la conduisait.
 
Une vie contemplative
La constance de son tempérament exclut qu"il cherchât alors de nouvelles expériences mystiques dans une évolution de son mode de vie.  Les choses étaient chez lui beaucoup plus simples et c"est tout naturellement qu"au fil de ses méditations, de ses lectures et de sa prière, il avança vers une forme de vie plus éprouvante. L"abbé Thévenon n"a jamais été en recherche de quoi que ce soit, il a été en contemplation et au service de son Dieu. Jésus-Christ, Jésus-Christ crucifié était au centre de tout son intérêt.
 
C"est ainsi qu"il porta une attention particulière au Saint Suaire de Turin dont il étudia longuement l"abondante littérature (1). Cette image du Seigneur qui exprime jusqu"à l"excès l"ampleur dramatique de sa passion le touchait au fond de l"âme.
 
Il découvrit un grand saint bien méconnu, saint Benoît Labre. Benoît Labre était en quelque sorte un clochard de Dieu qui sillonna l"Europe dans un extrême dénuement, au point que les autres clochards, les vrais, le chassaient à coup de pierre. Il était, selon le père Thévenon et pour des raisons bien précises, une icône vivante du Seigneur. Qui veut comprendre la vie du père Thévenon sur la fin, doit lire la vie de Saint Benoît Labre (2).
 


J'ai demandé à Dieu le détachement
 
Les dernières épreuves
Le père Thévenon avançait en âge et les années devaient bien avoir leur part dans le poids des épreuves qui grandissaient, mais par dessus tout c"est la contemplation de Jésus sur la croix dont il pénétrait chaque jour d"avantage le mystère qui le conduira à s"éloigner de plus en plus des besoins matériels les plus élémentaires.
 
Peu de temps avant sa mort, il écrivait (3)  : "Jésus est vendu par Judas, garrotté, abandonné des apôtres, jugé et condamné injustement par Caïphe et Pilate, flagellé, couronné d"épines, couvert de crachats et de coups, cloué sur une croix... Et il meurt sans avoir ouvert la bouche pour se plaindre! S"il parle c"est pour demander le pardon de ses bourreaux. Jésus s"est comporté comme un homme humble et impuissant: il s"est laissé traiter comme un homme coupable : Il est pourtant Le Fils de Dieu ! "
 
Il faut avoir connu le Père Thévenon pour savoir ce que dans sa bouche et sous sa plume pouvait représenter ce cri "Il est pourtant le Fils de Dieu !".
 
Dans ses dernières années, le père Thévenon confia : "j"ai demandé à Dieu le détachement". Comprenons bien qu"il n"a pas dit cela dans sa jeunesse. Il l"a dit alors qu"il était vieux, fatigué, atteint par la maladie. Il l"a dit avec la calme assurance qui était la sienne, l"assurance d"être exaucé et ne doutons pas qu"il le fut. Il le fut, soyons en certain dans la grande joie d"entrer d"avantage encore en communion avec Celui qu"il avait toujours servi.
 
 


1- http://www.sindone.org/fr/   http://www.spiritualite-chretienne.com/stsuaire/stsuaire.html  http://viacrucis.free.fr/linceul/index.html - L"énigme du Linceul, la prophétie de l"an 2000, Arnaud Aaron, Upinsky, Fayard – Miracle et message du Saint Suaire, Paul Chaussée, Ulysse – Une merveilleuse aventure, le Saint Suaire de Turin raconté aux enfants, Daniel Raffard de Brienne, Ed Elor Jeunesse – L"incontournable : La Passion selon le chirurgien, Pierre Barbet, Médiaspaul
2- Il existe une Association des Amis de  Benoît Labre au Canada : amisbenoitlabre@netscape.net
 
3- "Dernier sermon" Rameaux 2002